Les Ancêtres

du Comte et de la Comtesse Ferdinand-Philippe de Meeûs

1. Les armoiries des Meeûs.

a) Ferdinand-Philippe de Meeûs (1798-1861), membre du Congrès national, premier gouverneur belge de la Société Générale pour favoriser l'industrie nationale, obtint le 10 décembre 1836 la concession du titre de Comte pour lui et pour tous ses descendants mâles. Ce diplôme ne fait pas mention de la concession de noblesse. Pourquoi n’est-il pas question d’anoblissement ? Parce que les Meeûs étaient déjà considérés comme nobles suite à l'anoblissement le 1er septembre 1688 et le 20 mars 1689 de deux membres de cette famille par le Roi d'Espagne Charles II (nos territoires étaient sous occupation espagnole) ? Il est donc erroné de dire qu'en 1836, Ferdinand de Meeûs fut anobli. A cette date, Ferdinand reçoit pour lui et ses descendants mâles une concession de titre de Comte. Rien de plus, rien de moins.

b) Voici les deux textes anciens qui datent de 1688 et 1689 :
 

  • Premier texte = Par lettres patentes expédiées à Madrid le 1 septembre 1688

Jean-Philippe Meeûs, habitant de la Ville de Bruxelles, Ayant démontré qu'il était issu d'une ancienne et honorable famille, et allié à d'autres dont plusieurs auraient possédé diverses charges considérables, sans que Lui ni ses ancêtres auraient jamais exercé aucun art mécanique, ou dérogé par quelque action vile en aucune manière à leur état et condition, et que le Requérant aurait servi aussi Sa Majesté en son armée des Pays-Bas dans la Compagnie du Marquis de Westerloo, le Roi Charles II ( d'Espagne) l'a anobli au port d'un écu d'argent à trois épis de blé de sinople terrassées d'une montagnette de même et supportées de deux chevreaux au naturel. Ecartelé de sable à une chaudière à brasser d'or accompagnée de trois étoiles de même mis en profil, et cet écu surmonté d'un Heaume d'argent grillé et liseré d'or, aux Lambrequins et Bourlet d'argent et de sinople : Sur le Cimier un corbeau au naturel portant en son bec un rameau de laurier.

 

  • Deuxième texte = Par lettres patentes expédiées en la ville de Madrid le 20 mars 1689

Paul Meeûs, natif de la ville de Bruxelles, fils de Walrandus Meeûs, Licencié es Lois et de Marie Kerremans, a été anobli par le Roy Charles II (d'Espagne) qui lui a permis de porter les Armes blasonnées telles que décrites ci-dessous et sur base du texte qui suit :
 
''Ayant très humblement remontré que son dit Père avait louablement servi Sa Majesté durant de longues années en qualité d'Echevin de la Chef Chambre des Tonlieux de cette ville de Bruxelles, a toujours porté pour Armoiries, un écu d'argent à trois épis de blé de sinople terrassées d'une montagnette de même et supportées de deux chevreaux au naturel ( c'est à dire que dans les côtés droit et gauche, sont deux chevreaux y mis en telle assiette comme s'ils sauteraient l'un contre l'autre sur les dits épis Ecartelé de sable à une chaudière à brasser d'or accompagnée de trois étoiles de même: et cet écu sera surmonté d'un Heaume d'argent grillé et liseré d'or mis en profil (ce terme de profil peut s'exécuter parce que les Heaumes pour la Noblesse qui n'est pas souveraine doivent être portés avec la visière du côté droit et regardant totalement vers cet endroit; c'est autre chose des bâtards ou enfants naturels, qui sont obligés de tourner la visière entièrement du côté gauche, ce qui se blasonne '' contourner'', à moins que le Prince les ait permis de le porter ''tourné ou en profil'', ce qui signifie le même aux Pennaches et Bourlet d'argent et de sinople, Cimier, un corbeau s'essorant au naturel portant au bec un rameau de laurier, et que comme le requérant (Paul Meeûs) serait issu d'une famille très honorable, aurait toujours vécu en jeune homme d'honneur, sans jamais avoir fait aucune action vile, ou adhéré à aucune faction ou secte contraire à celle d'un vrai Vassal de la Couronne Royale. Il a été Anobli par le Roi Charles II''. (20 mars 1689)

 

Cette lettre a été envoyée aux Présidents et Gens du Grand Conseil du Roy siégeant à Malines.

 

c) Le 10 décembre 1836 concession du titre de Comte à Ferdinand Philippe de Meeûs par Léopold 1er, Roi des Belges :

voir ci-dessous les lettres patentes.

Léopold, Roi des Belges, à tous, présents et à venir, salut!
 
Voulant reconnaître les services rendus au pays et à notre personne par le sieur Ferdinand-Philippe de MEEÛS, officier de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur de France, gouverneur de la Société Générale pour favoriser l'industrie nationale, membre de la Chambre des Représentants;
 
Vu l'article 75 de la Constitution ainsi conçu: Le roi a le droit de conférer des titres de noblesse sans pouvoir jamais y attacher aucun privilège; Nous avons, par notre arrêté du sixième jour du mois de décembre de la présente année, élevé ledit sieur Ferdinand-Philippe de MEEÛS, à la dignité de Comte.
 
Désirant profiter de cette faveur, ledit sieur Ferdinand-Philippe de MEEÛS s'est retiré devant notre ministre des affaires étrangères, spécialement à ce commis par nous, afin d'obtenir nos lettres patentes nécessaires pour jouir du titre de Comte et en faire jouir ses descendants.
 
A ces causes, nous avons conféré et par ces présentes nous conférons audit sieur Ferdinand-Philippe de MEEÛS, le titre de Comte avec les armoiries ci-après décrites.
 
Voulons que le titre de Comte soit transmissible à la descendance directe légitime, de mâle en mâle, que les armoiries soient portées par tous les descendants directs légitimes, sans distinction de sexe, lesquelles armoiries conformes à celles qui ont été confirmées à la famille par Charles II, le 20 mars 1688 et le 20 mars 1689, sont figurées aux présentes, à savoir :
Un écu écartelé au 1er et 4ème d'argent à tris épis de blé de sinople, mouvement d'une terrasse du même, et accostés de deux chevreaux au naturel; au 2ème et 3ème de sable à une chaudière à brasser d'or, accompagnée de trois étoiles de même; l'écu timbré actuellement d'une couronne de comte et d'un casque d'argent grillé et liseré d'or, orné de ses lambrequins, cimier un corbeau sautant au naturel, tenant en son bec une branche de laurier de sinople.
 
Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons ordonné que les présentes lettres-patentes fussent revêtues du sceau de l'Etat.

 

Par le Roi

Le Ministre des Affaires Etrangères

 

d) La devise de la famille = '' Virtute et Prudentia'', c'est à dire traduit du latin : '' Par le Courage et la Prudence'' ;

 

e) Sur le dessin de nos Armes: celles-ci sont écartelées, donc divisées en 4 parties.

En langage plus simple, on peut décrire les termes héraldiques de ces armes : (voir illustration de la page d’accueil) :

 

  1. aux 1 et 4 sur fond d'argent, trois épis de sinople (couleur verte), sur une terrasse (montagnette de couleur verte), avec de part et d'autre des trois épis verts deux chevreaux au naturel (couleur beige pâle) dressés et affrontés, comme pour un combat.
  2. aux 2 et 3, il s'agit d'une chaudière de brasseur. La chaudière est couleur d'or, et surmontée de trois étoiles d'or également. Le fond sur lequel se détache la chaudière d'or est de sable (couleur noire).
  3. Couronne de Comte (neuf perles) au-dessus des Armes.
  4. Heaume d'argent
  5. Sur le cimier, un corbeau avec dans son bec un rameau de laurier de sinople (couleur verte). .
  6. Supports : Les Armes sont gardées à droite (dextre) par un chevreau, et à gauche (senestre) par un lion, tous deux d'or.
  7. Les lauriers qui ornent le cimier sont d'argent et de sinople (vert)
  8. En dessous des armoiries, la devise Virtute et Prudentia.
  9. Si vous lisez bien le texte des lettres patentes du 20 mars 1689, on constate que les Meeûs portaient ces armoiries depuis toujours !
  10. Rapellons que les couleurs des Meeûs sont le vert et le blanc.

2. Les Ancêtres

Avant d’énumérer les ancêtres, il est bon de savoir que Ferdinand-Philippe de Meeûs (1798-1861) et son épouse Anne (1797-1874) sont eux-mêmes très proches parents ; ils sont en effet cousins germains par les pères et cousins issus de germaines par les mères.

 

Pourquoi ?

 

1°) Parce que leur père sont frères. En effet le père de Ferdinand-Philippe, soit François-Joseph Meeûs(1765-1821) est le frère d’Henri-Adrien Meeûs (1763-1791) père d’Anne Meeûs.

2°) Parce que leur mère sont cousines germaines. En effet, la mère de Ferdinand-Philippe de Meeûs est née Marie-Thérèse van der Borcht (1766-1815), et la mère d’Anne Meeûs est née Marie–Madeleine van der Borcht (1771-1837). Marie-Thérèse et Marie-Madeleine sont des cousines germaines.

 

3. La génération des père et mère de Ferdinand-Philippe de Meeûs et de son épouse Anne Meeûs.


a) Qui est le père de Ferdinand-Philippe de Meeûs ?

 

C’est François-Joseph Meeûs. Il naît le 30 mars 1765. Il épouse Marie-Thérèse van der Borcht le 13 avril 1790. Il meurt en 1821.


François-Joseph Meeûs (1765-1821)

et son épouse Marie-Thérèse van der Borcht (1766-1815)

(Collection baron Daniel de Moffarts)

 

Médaille offerte, selon une tradition familiale, par Napoléon 1er à François-Joseph Meeûs, qui assista à son sacre comme président du conseil général de la Dyle.
Médaille offerte, selon une tradition familiale, par Napoléon 1er à François-Joseph Meeûs, qui assista à son sacre comme président du conseil général de la Dyle.

Carrière administrative, judiciaire et politique :


  • en 1797, membre de la Société littéraire de Bruxelles.
  • en 1802, membre de la Chambre de Commerce.
  • en 1806, vice-président de cette Chambre de Commerce puis président.
  • 4 avril 1806, membre du Conseil Général du département de la Dyle (sous l’Empire Français)
  • 1807, membre du Conseil municipal de Bruxelles, 1er Arrondissement de la Dyle
  • 1808, membre de la Commission consultative pour le projet de Code rural.
  • 1809, Président du Tribunal de Commerce du 1er Arrondissement de la Dyle, et membre du Collège électoral du département de la Dyle
  • 1812, Président du Conseil général du département de la Dyle
  • 1814, membre de la Commission temporaire composée de 5 membres pour la gestion des affaires administratives du département de la Dyle.
  • 18 avril 1814, nommé pour vérifier la Caisse du Receveur général
  • 21 sept 1814, membre de la Commission des trois membres chargés de faire l’examen de toutes les créances des habitants de la Belgique à charge de la France.
  • 12 janvier 1815, membre du Conseil d’administration de l’Académie de Peinture, de sculpture et d’architecture à Bruxelles
  • 2 avril 1816, membre du jury chargé de l’examen du projet pour le Palais du Roi.
  • 1818, membre de la seconde chambre des Etats-Généraux du Royaume des Pays-Bas.
  •  Chevalier de l’ordre du Lion néerlandais

 

Sous le Consulat et l‘Empire, François-Joseph Meeûs achètera de nombreuses terres réparties dans le Brabant Flamand, autour de Louvain, Herent, Oud-Herverlee, Wilsele, Opvelp, Bierbeek.

 

En 1806, il va acheter un lot de 580 hectares répartis autour de Ninove, Grimbergen, Alost, Villers-la-Ville, Gembloux, etc…En 1808, il achètera 150 hectares sis à Vieux-Genappe et Glabais.


François-Joseph, père du futur Gouverneur de la Société Générale, avait un domaine (une campagne) avec étang et château à Laeken, où il mourut en 1821. Cette très belle propriété ne fut pas partagée à sa mort mais elle fut vendue par les enfants de François-Joseph au roi Guillaume des Pays-Bas en 1826 qui voulut en faire un séjour de vacances d’été pour son fils le Prince Frédéric époux de Louise fille du Roi de Prusse. Après la Révolution de 1830, cette jolie propriété fut intégrée au domaine royal de Laeken.

 

Il faut savoir que le Roi de Hollande avait offert le titre de Comte de Genappe à François-Joseph Meeûs qui avait de très grandes propriétés notamment dans le canton de Genappe. François-Joseph ne voulut pas accepter ce titre. Pourquoi ? Mystère…

 


Quelques temps avant sa mort, François-Joseph est donc à la tête d’un domaine (dispersé en Brabant flamand et wallon) de 750 hectares.

 

Le couple François-Joseph Meeûs et Marie-Thérèse van der Borcht aura cinq enfants :

Légende du tableau : François-Joseph, veuf, Président du Conseil de la Dyle, est entouré de ses 5 enfants, soit de gauche à droite :

 

1°) Pierre-François, époux de P.Brion (1ères noces) et J.Becq d'Ansermont (2èmes noces)

2°) Marie-Françoise, épouse du Vicomte de Roest d’Alkemade

3°) Ferdinand, le Gouverneur de la Société Générale et l’ancêtre de tous les comtes de Meeûs, époux d’Anne Meeûs sa cousine germaine.

4°) Henriette, épouse du baron F. de Macar

5°) Anne, la cadette, épouse du comte J.Martini

b) Qui est la mère de Ferdinand-Philippe de Meeûs ?

 

C’est Marie-Thérèse van der Borcht (1766-1815), fille de Jean-Baptiste van der Borcht (1732-1787)) et de Marie-Caroline Leleux (1733-1794). A sa mort, Ferdinand-Philippe de Meeûs a 17 ans.

 

Note : Les van der Borcht sont une famille bruxelloise très ancienne et très riche possédant des entreprises et des négoces, notamment une manufacture de dentelles, de fils d’or et d’argent, avec des centaines d’ouvriers.

Jacques van der Borcht fut maître tireur d’or et d’argent, Jean-Charles van der Borcht, aïeul des Meeûs et mort en 1753, fut Conseiller et Maître général des Monnaies et Tireur d’or rue de la Madeleine.

Il contribua à la fortune de ses descendants Meeûs, t’Kint, t’Serstevens et Matthieu, entre autres.

La fortune de Guillaume van der Borcht, négociant, né en 1749, Président du Commerce de Bruxelles, était évaluée à 60.000 florins.

 

c) Qui sont les père et mère d’Anne Meeûs (épouse du comte Ferdinand-Philippe de Meeûs) ?

 

Henri-Adrien fut capitaine de Dragons de Tongerloo

 

Il s’agit de Henri-Adrien-Joseph Meeûs (1763-1849) et de Marie-Magdeleine van der Borcht (1771-1837).

(Henri-Adrien Meeûs est le frère de François-Joseph Meeûs et donc l’oncle du comte Ferdinand de Meeûs.)

 

Henri-Adrien fut capitaine de Dragons de Tongerloo. Il prit fait et cause pour van der Noot quand éclata la Révolution brabançonne, il rejoignit son armée à Breda et devint le courrier secret et l’interprète de van der Noot, un des chefs de la Révolution brabançonne de 1789.

 

A droite : Marie-Magdelaine van der Borcht Mère d’Anne Meeûs

Marie-Magdelaine van der Borcht Mère d’Anne Meeûs

(van der Noot était issu d'une des plus anciennes familles de vieille souche bruxelloise. Son père, Nicolas van der Noot, seigneur de Vreschem, avait été Amman de Bruxelles. Il fut avec Jean-François Vonck et Jacques-Dominique t'Kint, un des chefs de la Révolution brabançonne de 1789. Il prit en 1789 une grande part à l'insurrection qui avait pour but de chasser les Autrichiens des Pays-Bas. Lorsque les troupes impériales eurent évacué le pays, il devint président du Congrès national, chargé du pouvoir exécutif. Les Autrichiens ayant repris le pays en 1790, il se retira en Hollande et, dans une adresse publiée en 1792, il engagea ses compatriotes à s'unir à la France.)

 

Fidèle aux Etats de Brabant, Henri-Adrien-Joseph Meeûs fut nommé Capitaine–Lieutenant du Corps des Volontaires du Brabant dans la Compagnie du comte de Merode.

En mai 1791, il épouse Marie-Madeleine van der Borcht.

Henri-Adrien-Joseph posséde une brasserie et par son mariage van der Borcht une manufacture de dentelles. Il développera une activité brassicole internationale au point d’expédier des tonneaux de bière à Lisbonne.

Il est Membre du Conseil général de la Dyle et Président du Collège de Nivelles.

Il est Prévost de l’église Notre Dame de la Chapelle.

Henri-Louis-Joseph Meeûs (1795-1822) frère de la Comtesse Ferdinand de Meeûs

a épousé Henriette-Françoise Claes de Lembeke (1796-1817).

Ils ont eu un fils Alexandre mort le 16 décembre 1817 à l’âge de 7 mois.

Ce tableau peint par Navez représente Henriette et son fils Alexandre


4. La génération des grands-parents du comte et de la comtesse Ferdinand-Philippe de Meeûs

a) Le Cte et la Ctesse Ferdinand-Philippe de Meeûs, vu qu’ils sont cousins germains, ont donc les mêmes grands-parents paternels :

 

Ce sont Jean-François Meeûs (1717-1792), Doyen des Brasseurs, marié en 1756 à Barbe d’Huvettere (1736-1781). Ils ont neuf enfants.

 

Jean-François est Maître Brasseur et, à plusieurs reprises, sera le Doyen de cette corporation. Chez lui, il rassemble une importante collection de tableaux, de bronzes et de bustes dont une partie lui vient de son père Jean-Baptiste.

 

Il possède par héritage la maison de campagne, le Marly, à Neder-over-Heembeek, six maisons à Bruxelles et une maison à Dilbeek.

Jean-François est donc un riche négociant qui joue au banquier à une époque où les structures bancaires ne sont pas ce qu’elles sont aujourd’hui.

 

b) Et les grands-parents maternels ?

  • de Ferdinand-Philippe : Jean-Baptiste van der Borcht (1732-1787) marié à Marie-Caroline Leleux (1733-1794)
  • d’Anne : Pierre-Joseph van der Borcht (1738-1808) marié à Louise-Françoise Hens (née avant 1750 et décédée en 1803)

 

Jean-Baptiste et Pierre-Joseph van der Borcht sont frères.

 

5. La génération des arrière-grands-parents

a) Les arrière-grands-parents Meeûs sont identiques pour Ferdinand et Anne, (cf4-a), soit :

 

Jean-Baptiste Meeûs (1672-1754) marié en 1699 à Catherine van Cutsem

( 1680-1755).

 

(Les van Cutsem sont une famille des mieux nanties. Parmi ses membres au XVIIème siècle, on repère de nombreux doyens du métier des brasseurs et des notaires.)

En 1707, Jean-Baptiste prête 450.000 florins pour l’achat de fourrage aux troupes (Guerre de succession d’Espagne). Ce prêt ne sera jamais totalement remboursé aux héritiers de Jean-Baptiste à qui, malgré cinquante années de procès, les autorités opposeront la prescription pour ne pas les rembourser !

 

Jean-Baptiste et son épouse vont acheter une série d’immeubles rue Haute, près de l’Hôpital St Pierre, et rue des Pigeons près de l’église de la Chapelle.

Il a sa propriété de campagne qui est le domaine Le Marly à Neder-over-Heembeek..

Il est Echevin juré de la Chef Chambre des Tonlieux et Domaines de Sa Majesté.

« Jean-Baptise est considéré comme marchand-banquier de la Ville de Bruxelles. Grâce à sa fortune, il se fait fort de frapper à vie la monnaie nécessaire aux Pays-Bas.

 

Il demande de prendre la direction générale des Monnaies de Sa Majesté sous administration pour compte commun d’un tiers avec le Roy pour le terme de 9 années pour autant que Sa Majesté lui donne pour la vie le titre de Directeur Général des Pays-Bas avec pouvoir et approbation d’avance de tout ce qu’il aura fait ou fera pour le bien et avantage des dites monnaies pendant son exercice de sorte que Jean-Baptiste n’aura qu’un tiers et Sa Majesté deux tiers de tout le profit qui se trouvera à la fin de chaque année de toutes sortes de monnaies qu’elle aura trouvé bon de faire fabriquer ou monnayer dans les monnaies des Pays en de ça. Il offre d’avancer tout l’argent nécessaire pour l’établissement de la monnaie de Bruxelles sans intérêts, pourvu qu’il puisse se rembourser par préférence et sans contestation des premiers deniers, du profit qui reviendra à Sa Majesté (…)

 

Il appuie sa demande en soulignant que ledit Meeûs déclare avoir déjà une grande quantité d’argent envers lui et qu’il dit que, par ses correspondances qu’il a dans les Pays Etrangers, il en fera venir en abondance, ayant même déjà écrit en Espagne pour qu’on lui en envoie 50 mille florins en or, pour faire fabriquer des souverains aux coings et armes de Sa Majesté (…). » (extrait du livre de Van Belle, Meeûs à de Meeûs, pages 15 et suivantes).

 

En 1715, Jean-Baptiste Meeûs reçoit la charge et la dignité de Fermier Général des Monnaies.

 

C’est Jean-Baptiste Meeûs qui, amateur d’art et d’opéra, et créancier de Paulo Bombarda le bâtisseur et premier propriétaire du Théâtre de La Monnaie, va l’acheter aux héritiers de Bombarda en 1717.

Le théâtre de la Monnaie acheté en 1717 par Jean-Baptiste Meeûs

et gardé dans la famille jusqu'en 1763

 

En même temps, Jean-Baptiste Meeûs se lance dans le marché de l’art et achète et vend des tableaux. Il s’achète un bâtiment (près de son Opéra) qu’il veut transformer en un Louvre bruxellois pour y exposer ses tableaux.

 

En mars 1720, il achète à Ignace Van Brée d’Anvers, six cent quatre-vingts tableaux, une partie de ceux-ci peints par Van Dijck, Rubens et autres fameux maîtres, car à cette époque les tableaux atteignent des prix records surtout en France et en Angleterre.

Jean-Baptiste va négocier à Paris la vente de certains tableaux et s’installera dans l’hôtel qu’il loue au Prince de Carignan. Ces investissements en tableaux ne furent pas heureux et il y perdra beaucoup d’argent. Cela ne l’empêchera pas d’obtenir l’octroi après 1720 d’ une entreprise de teinturerie et d’imprimerie de toiles de coton peintes comme celles fabriquées en Hollande.

 

Il va aussi exploiter une mine de plomb à Court-Saint-Etienne.

 

A la fin de la vie de Jean-Baptiste, on peut dire que c’est son épouse Catherine van Cutsem qui réussira à limiter les dégâts en gérant au mieux la liquidation des nombreux et audacieux, parfois risqués, projets de son époux qui occupa une situation privilégiée dans la société bruxelloise du XVIIIème siècle.

 

b) Les arrière-grands-parents d’Huvettere sont identiques pour Ferdinand et Anne, soit :

 

Ferdinand d’Huvettere époux de Catherine Beeckman. Barbe d’Huvettere (1736-1781) est leur fille qui a épousé Jean-François Meeûs (1717-1792).

 

c) Les arrière-grands-parents van der Borcht sont identiques pour Ferdinand et Anne, soit :

 

Jean van der Borcht (1699-1744) époux de Catherine Tresca (1714-1738)

 

d)Les arrière-grands-parents Leleux sont identiques pour Ferdinand et Anne, soit :

 

Charles Leleux (vers 1700) époux de Marie Pierman née en 1696.

Leur fille Marie-Caroline (1733-1794) épousera Jean-Baptiste van der Borcht (1732-1787)

 

6. La génération des arrière-arrière-grands parents : Ferdinand et Anne ont les mêmes ancêtres.

 

a) Pour les Meeûs :

Jean-Baptiste Meeûs 1er (1647-1694) et son épouse Eléonore Touron (1652-1696)

Un frère d’Eléonore Touron fut prélat de l’Abbaye de Coudenbergh à Bruxelles. Jean-Baptiste, le premier des Jean-Baptiste, est négociant en vin et Doyen de la Corporation des Drapiers. Les époux Meeûs-Touron laisseront à leur mort une importante fortune. Ils sont propriétaires d’un domaine Le Marly à l’extérieur de Bruxelles, à Nerder-over-Heembeek. Cette belle demeure fut acquise le 8 avril 1690 par Jean-Baptiste. Elle restera dans la famille jusqu’en 1832 .

Domaine Le Marly acquis par Jean-Baptiste le 8 avril 1690

qui restera dans cette branche jusqu'en 1832

 

b) Pour les van Cutsem :

Paul van Cutsem époux de Catherine de Vos

 

c) Pour les d’Huvettere :

Guillaume d’Huvettere époux d’Elisabeth Maes

 

d) Pour les van der Borcht :

Jean van der Borcht (1668-1735) époux de Catherine Bayens (1630-1707)

 

7. La génération des arrière-arrière-arrière grands-parents

a) Pour les Meeûs :

Marc Meeûs (1606-1650) époux de Barbe van der Vekene (1628-1670).

Ils ont pour fils Jean-Baptiste Meeûs (1647-1694) (voir 6a).

 

b) Pour les Touron :

Jean Touron (1632) époux de Jeanne Ysermans (1635). Leur fille est Eléonore Touron (1652-1696) (voir 6a)

 

c)Pour les de Vos :

André de Vos époux d’Elisabeth Sammels. Leur fille Catherine épousera Paul van Cutsem (voir 6b).

 

8. En continuant à grimper dans l’arbre généalogique du comte Ferdinand de Meeûs, on trouvera des Meeûs jusqu’au 14ème siècle :

 

a) Antoine Meeûs épouse le 13 novembre 1588 à Sainte Gudule à Bruxelles Petronille Buys de Buyssenghem, parents de Marc Meeûs (voir 7a).

b) Pierre Meeûs (1550) époux de Madeleine Bont (1560), parents d’Antoine Meeûs (8a)

c) Robert Meeûs (1520-1560) époux de Barbe van der Elst (1530), parents de Pierre Meeûs (8b)

Robert Meeûs prend une part importante de l’emprunt que la Ville de Bruxelles doit lancer pour payer les festivités à l’occasion de l’accueil du futur Philippe II.

 

Le remboursement de cette somme (quinze mille florins du Rhin) se fera en prélevant une part d’un impôt sur chaque brassin de bière. Une tradition familiale veut que ce fait soit à l’origine de la présence dans les armes des Meeûs de chaudrons, comme dit le texte d’anoblissement de Paul Meeûs en 1689, encore appelés « chaudières à brasser » dans les lettres patentes du 10 décembre 1836 accordant le titre comtal à Ferdinand-Philippe et à ses descendants mâles.

 

Comme les Meeûs ont occupé dès le XVIIème siècle des fonctions importantes dans le métier des brasseurs, il est normal de retrouver cet instrument brassicole parmi les meubles du blason (cf Van Belle page 9).

 

d) Jean Meeûs (1470) époux de Catherine van der Cammen (1500), parents de Robert Meeûs (8c)

 

e) Jean (Ghisan) Meeûs (1440-après 1494) époux de Marie van Eesbeke dit van der Haegen (1450), parents de Jean Meeûs ( voir 8d).

 

f) Nicolas Meeûs (1400-1454) époux d’Elisabeth t’Kint, parents de Jean (Ghisan) Meeûs (8e). En 1454, la veuve de Nicolas Meeûs promet de donner à son fils deux cents deniers d’or.

 

g) Nicolas Meeûs (1363) père de Nicolas (ci-dessus 8f)

 

 

 

Sources du travail généalogique :

 

  • J.-L Van Belle, Meeûs à de Meeûs, op.cit, 1997
  • J-R de Terwangne, croquis généalogiques ci-dessus
  • Poplimont, la noblesse belge, op.cit
  • Thonissen, La vie du comte Ferdinand de Meeûs, op.cit